(Article publié dans le journal Fraternité Matin du 05 septembre 2008)
Alors que le monde ne cesse de progresser, la Côte d’Ivoire semble s’être figée dans le temps.
Et pour cause, nul ne peut avancer sans connaître qui il est, d’où il vient et où il va. Ces crises identitaires et politiques que vivent les Ivoiriens se veulent l’un des effets de la colonisation que l’on a toujours minimisé, ignoré. Aujourd’hui, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’en trouve menacé. Pour parvenir à rattraper ce décalage temporel, le peuple ivoirien doit maintenant se mobiliser et regarder ce problème bien en face.
Mais paradoxalement, une telle mobilisation, essentielle à la résolution de ces crises, se révèle comme un obstacle en soi. Riche d’une grande diversité culturelle, la Côte d’Ivoire se trouve néanmoins divisée par les différentes ethnies qui la composent. Cette division a été encore aggravée par le fait que lors de son accession à l’indépendance, la constitution coloniale de 1958 a servi de modèle à la Côte d’Ivoire dans l’élaboration de sa propre constitution.
Certains diront que cette constitution a subi une multitude de CHANGEMENTS afin de mieux l’adapter aux multiples ethnies de la Côte d’Ivoire, mais il est évident que cette constitution coloniale, tributaire d’une culture et d’un tissu social relativement homogènes à l’époque, ne pouvait servir de modèle pour un pays multiethnique !
Et de fait, encore aujourd’hui, malgré les efforts d’insertion sociale et politique, et malgré les faux discours d’unité, chaque groupe ethnique continue d’aborder les problèmes en fonction de leurs propres besoins et selon les us et coutumes qui le caractérisent. Dans les villes ou villages homogènes lorsque surgit un désaccord ou un conflit, ce sont naturellement les lois coutumières qui l’emportent sur les lois constitutionnelles.
La majorité de la population ne sachant ni lire ni écrire et ignorant la langue française, comment pourrait-elle en effet comprendre ou appliquer la constitution actuelle et les lois qui en découlent par rapport à ses lois coutumières ? Et ceux et celles qui utilisent couramment la langue officielle, s’ identifient-ils réellement à cette constitution ? Devons-nous rechercher un consensus entre les lois coutumières et les lois constitutionnelles existantes ? Y a-t-il matière à conflit entre ces deux lois ou faut-il au contraire voir à les intégrer en un seul et même système ?
Si l’on jette un regard sur la plupart des pays souverains à vocation démocratique, ils ont avant tout créé eux-mêmes leur propre constitution, miroir de leur identité, pour ensuite la valider par une consultation populaire, processus ayant comme résultat un acte politique à valeur juridique, qui unit et régit de manière organisée et hiérarchisée l’ensemble des rapports entre le peuple et le gouvernement.
En adoptant une telle constitution, ils ont défini les droits et les devoirs de l’Opposition en officialisant son rôle en tant qu’entité du système de gouvernance. Le rôle de l’Opposition est de percevoir objectivement les incohérences du pouvoir afin de garantir les droits et libertés de tous et chacun.
Que devons-nous entreprendre aujourd’hui afin d’éviter un enlisement politique et social ? Déclencher rapidement des élections en revivant ce perpétuel désordre ou assurer dès maintenant notre identité NATIONALE par l’amorce de ces CHANGEMENTS? Qui tiendra compte des diversités culturelles et du rôle de l’Opposition officielle ?
La nécessité de changements ?
Depuis la déclaration de son indépendance, peu de gens auraient pu prévoir l’évolution politique et sociale de la Côte d’Ivoire, une évolution parfois fulgurante parfois régressive. Une infime partie de la population ne pourra établir un pronostic réaliste en regard de l’avenir qui nous est réservé : des élections pacifiques, des contestations ou encore l’émergence d’une guerre civile ? Quoi qu’il en soit, tous ces scénarios nous interpellent et nous obligent à agir afin de mettre en place ces CHANGEMENTS qui protégeront les Ivoiriens, y compris les politiciens, contre l’arbitraire et la violence qui malheureusement sont encore d’actualité.
Les dernières élections, qu’elles aient été présidentielles, législatives ou municipales, se sont toutes soldées par une multitude de désaccords et de mécontentements en regard des résultats, plongeant ainsi le pays dans un chaos absolu. Chaque groupe ethnique aspire à porter au pouvoir le chef représentant son clan. Ce comportement a engendré un important malaise au sein de la population; malaise qui s’introduit progressivement au sein des partis politiques devenus partisans du NOUS ETHNIQUE.
On constate en effet que lorsque surgissent des tensions ou des incertitudes politiques, chacun tend à rejoindre ses semblables afin de se protéger contre d’éventuelles attaques provenant d’un groupe adverse. Ce comportement, qui se perpétue inlassablement en Côte d’Ivoire, témoigne de la profonde méfiance qui existe entre les différents groupes ethniques ainsi qu’un manque flagrant de confiance dans le système de gouvernance.
Ce climat conflictuel persiste de gouvernement en gouvernement. Croyant son mandat éternel, le gouvernement, une fois en place, ne se préoccupe aucunement d’instaurer des lois et des politiques démocratiques qui protégeraient non seulement les citoyens, mais également son propre groupe politique advenant une défaite.
De toute évidence, il serait invraisemblable de déclencher des élections maintenant sans d’abord apporter des modifications à la Constitution de notre pays qui viendraient protéger les droits rattachés à toute la diversité culturelle et le rôle de l’Opposition. Plus nous nous acharnons à vouloir aller de l’avant sans effectuer de réels CHANGEMENTS, plus nous reculons malheureusement. Il faut en premier lieu établir des balises et choisir des paramètres basés sur une identité COMMUNE, le tout dans un climat de confiance, de sécurité et d’indulgence, faisant en sorte que la Côte d’Ivoire puisse accéder à une véritable SOUVERAINETÉ et ainsi s’engager finalement vers la démocratie.
Le refus aux changements
Curieux paradoxe, à l’heure où le peuple ivoirien doit irrémédiablement s’engager dans un mouvement radical de CHANGEMENTS, la moindre action investie en ce sens est inévitablement rejetée. Tout geste exhortant à l’introspection et à la responsabilisation, toute démarche venant perturber les habitudes de vie de chacun sont instinctivement repoussés par un sentiment de peur.
Cette crainte non définie ne fera qu’enliser plus profondément la Côte d’Ivoire dans le statu quo. Et comble d’opportunisme, certaines personnes prônent justement le maintien de ce statu quo pour mieux s’opposer aux CHANGEMENTS qui s’imposent.
Le destin des Ivoiriens est aujourd’hui plus problématique que jamais et nous devons arrêter immédiatement de nous bercer d’illusions. La Côte d’Ivoire est une société privilégiée où l’avenir et la prospérité sont dangereusement menacés. Il faut cesser d’écouter ceux qui prétendent que tout va bien, et qui n’offrent que des solutions à court terme.
Malheureusement, un grand nombre d’Ivoiriens continuent de nier ou d’ignorer le danger, ce danger qui prend la forme d’une longue pente abrupte glissant vers une profonde inquiétude. Il faut rétablir rapidement un juste équilibre. Cette lucidité enfin acquise permettra de réfréner les courants utopiques.
Chaque citoyen doit s’investir dans l’intérêt NATIONAL et éviter de chercher inlassablement ses propres intérêts. Chaque individu doit apporter fièrement sa contribution, et ce, depuis le simple citoyen jusqu’au membre dirigeant. Cette synergie permettra à la Côte d’Ivoire de prendre son élan afin de franchir le gouffre la séparant de la liberté.
Cette liberté doit se traduire, en premier lieu, par le droit de s’interroger sur le système de gouvernance actuel sans craindre une riposte immédiate et vindicative. Cette liberté doit permettre une différente ligne de pensée que celle imposée depuis l’indépendance. Elle doit éliminer toute forme d’envie et de suspicion afin de faire place au respect de ceux qui osent et qui réussissent.
Quelles solutions ?
La liberté d’expression et son éthique sont les cordes vocales
de la démocratie.
L'usage et l'appropriation d'une constitution coloniale, tributaire d’une culture et d’un tissu social homogène demeurent éphémères au cœur d’un pays multiculturel; un jour ou l'autre, cette accommodation détruira nos valeurs culturelles et intellectuelles. Si nos valeurs fondamentales ne sont pas totalement mises en œuvre, l'idéal d'unité restera inaccessible. Tous les rites culturels découlent de ces valeurs et les expriment. Ce sont ces valeurs qui instaurent des relations de réciprocité entre les différents groupes ethniques.
Une des solutions souvent mises de l’avant pour assurer un avenir prospère à la Côte d’Ivoire demeure une fulgurante ascension à une souveraineté totale. Bon nombre d’Ivoiriens croient que l’émancipation de leur pays réside dans l’obtention d’une véritable indépendance. Mais, à l’inverse, plusieurs estiment encore que la Côte d’Ivoire ne peut subsister que dans un empire colonial. En dépit des divergences d’opinions, un fait demeure : d’innombrables défis attendent la Côte d’Ivoire.
L’adoption d’une Charte des droits et libertés à l’ivoirienne, l’adoption de lois sur le multiculturalisme, les droits de la personne, l'équité en matière d'emploi, l'équité salariale et sur les devoirs ainsi que le rôle de l’Opposition représentent une partie de ces défis.
Qu’il s’agisse de la simple protection des citoyens, de la liberté d’expression, du droit à l’éducation ou à la santé, tous ces thèmes doivent nécessairement être revus dans leur ensemble et adaptés à la réalité d’aujourd’hui afin d’établir des constats communs et parvenir à un consensus dans le cadre d’un véritable dialogue.
Afin de garantir l’équité de ces CHANGEMENTS constitutionnels, il faut aussi responsabiliser et officialiser le rôle de l’Opposition en lui réservant une place dans la constitution ou à l’intérieur d’une loi organique tout en précisant ses droits et devoirs. Plusieurs États démocratiques comme la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, l’Inde ont choisi de lui donner un véritable statut afin d’assurer une stabilité politique et sociale.
Le rôle de l’Opposition demeure indispensable dans toute démocratie. Elle a le devoir d’amener le gouvernement élu à rendre compte de ses politiques et de ses décisions et de proposer des moyens pour les améliorer ou d'offrir des solutions de rechange. Ainsi, la sécurité du pays devient la responsabilité de tous. Sans la reconnaissance de l’Opposition, il est plus facile de déstabiliser un pays puisque l’Opposition peut être associée aux coups d’États.
Lorsque l’Opposition sera officiellement reconnue, qu’elle aura droit à un cabinet, un salaire, une protection comparable à celle du chef de l’exécutif ainsi qu’une résidence officielle, et qu’elle pourra exercer son rôle en toute liberté, la Côte d’Ivoire bénéficiera d’un lendemain d’élection heureux et pacifique. Les Ivoiriens auront atteint finalement la maturité politique.
Toutefois, avant d’instaurer un quelconque CHANGEMENT dans sa structure politique et sociale, et afin de refléter sa volonté d’unité, la Côte d’Ivoire se doit d’entreprendre dès maintenant une vaste consultation populaire dans le but de solidifier ses bases et de modeler un plan politique, économique et social à son image. Un débat national devra être organisé afin de permettre aux citoyens d’échanger librement sur les orientations futures de la Côte d’Ivoire en vue d’alimenter les débats menés par les politiciens de tous les partis politiques ainsi que certains mouvements sociaux.
L’établissement d’un bilan de la condition actuelle de la Côte d’Ivoire permettra de proposer de nouvelles solutions en éliminant ces vieux discours passéistes. La Côte d’Ivoire doit remodeler son image en rassemblant des individus provenant de cultures et de milieux différents, ne partageant pas nécessairement les mêmes opinions afin d’établir une constitution compatible avec tous les idéaux du peuple ivoirien d’aujourd’hui.
Pour susciter cette ferveur démocratique et afin de créer un mouvement populaire constructif, il est essentiel de rejoindre le citoyen dans son quotidien en lui donnant l’envie de s’exprimer. Il faut davantage le valoriser dans son rôle d’individu, lui faire prendre conscience de la responsabilité qui lui incombe et le convaincre qu’il peut contribuer à l’avancement de son pays.
La mise en place d’un réseau de comités de citoyens contribuerait au démarrage d’un tel mouvement en ouvrant une place pour l’analyse, la discussion et l’action. Cette démarche gagnera la confiance du simple citoyen tout en lui redonnant la place qui lui revient de plein droit. Trop longtemps il a été gardé à l’écart, convaincu de son incapacité et de son inaptitude. Il est temps de mettre fin à ce dialogue de sourds et de tourner les regards vers de nouveaux modèles. L’heure est désormais au bilan et à la prise en charge collective des responsabilités.
La Côte d’Ivoire (comme d’autres États africains) doit renouveler inévitablement l’ensemble de ses lois et de ses politiques afin de poursuivre son ascension vers une démocratie reflétant ses propres valeurs. La reconnaissance constitutionnelle des lois coutumières, l’institutionnalisation de la diversité ethnique et des droits et devoirs de l’opposition seront les garants de notre identité NATIONALE.
Ce passage à l’action doit s’effectuer maintenant. Le peuple doit prendre conscience de la léthargie qui l’oppresse et transformer son inertie en une force commune. Ce réveil doit mener à une coalition de tous les milieux : politiciens, intellectuels, chefs syndicaux, gens d’affaires, artistes, etc. Cette cohésion sociale permettra à la Côte d’Ivoire de traverser les inévitables bouleversements qui la conduiront vers une véritable démocratie afin de réaliser cet objectif commun : La construction d’un avenir prospère pour ce magnifique pays qui deviendra enfin le véritable symbole du NOUS IVOIRIEN.
Lancy Bakayoko
Mesdames, Messieurs
Cette plateforme vise essentiellement à échanger des solutions entourant la crise sociopolitique ivoirienne. L’apport de vos commentaires sans critique vindicative viendra en aide à notre pays afin d’envisager toute solution potentielle à la résolution définitive de cette crise. Affichons donc un esprit objectif ainsi qu’une attitude empreinte d’ouverture afin de mener définitivement ce pays vers le chemin d’une véritable démocratie. Les idées de chacun et chacune d’entre nous restent un atout majeur afin que tous ensemble nous puissions trouver des solutions tangibles.
Depuis maintenant plus de dix ans, le peuple ivoirien est victime d’interminables violences, subissant de profondes souffrances associées à une crise sociopolitique qui ne cesse de s’envenimer. En tant qu’Ivoirien, je me sens directement interpellé par cette situation inquiétante. Malgré tous les efforts pour mettre fin à cette crise au cours des dernières années, l’apport de solutions envisageant un consensus semble pourtant dormir dans le néant. Nous n’arrivons tout simplement pas à remédier politiquement à ce conflit.
Pourtant, tous les éléments fondamentaux et essentiels à la réalisation d’un véritable changement vers la démocratie y sont réunis : un gouvernement de transition regroupant tous les partis politiques, une Assemblée nationale représentative sur le plan ethnique ainsi que des départements administrés par des élus.
Je considère qu’une opportunité unique pour ce jeune pays se présente pour qu’il puisse enfin accéder à une démocratie et établir une véritable justice apportant un ensemble de lois communes qui reflétera les valeurs respectives de chaque groupe ethnique de la Côte d’Ivoire.
Afin de contribuer activement à l’avancement de la démocratie en Côte d’Ivoire et également en Afrique, permettez-moi de vous présenter trois documents qui ont paru dans le journal « Fraternité Matin » de même qu’expédiés à tous les chefs des différents partis politiques ivoiriens. Le premier s’intitule « Multiculturalisme et stabilité politique » le deuxième un manifeste « Pour une Côte d’Ivoire unie » et le troisième « Boycottage des valeurs ethniques par le colonialisme »
Ces trois documents relatent les problèmes politiques actuels vécus sur une grande majorité du continent africain dont la cause première est attribuée essentiellement aux multiples différences ethniques. Ils présentent également les changements cruciaux que la Côte d'Ivoire ou d'autres pays africains doivent inévitablement apporter à leur constitution afin de se donner une véritable identité, et ce bien sûr, avant la tenue de prochaines élections.
Les pistes de solutions énoncées dans ces documents ouvriront un véritable dialogue qui permettra ainsi à la Côte d’Ivoire de s’engager dans la voie de la démocratie. L'égalité ainsi que la compréhension interethnique contribueront grandement à enrayer la discrimination et la violence excessivement présentes en période électorale. De plus, la reconnaissance de la diversité ethnique et du rôle de l’opposition assureraient une véritable garantie de la paix sociale.
Entreprendre ce réaménagement sociopolitique permettrait, lors d’élections, d’évincer toute forme de violence ou de désordre social souvent engendré par la frustration advenant la victoire d’un parti adverse.
Ces modifications constitutionnelles serviront de bouclier à l’ensemble des citoyens ainsi qu’aux présidents Laurent Gbagbo, Henry Konan Bédié, Allassane Ouattara, Albert mabri toikeusse sans oublier tout autre chef de parti, les protégeant ainsi contre toute forme de menaces, de violences ou de rumeurs.
Selon plusieurs spécialistes, le déclenchement rapide d’élections ivoiriennes sans concrétiser ces changements, serait catastrophique. Nous deviendrons malheureusement tous témoins et complices de tristes lendemains d’élections.
Pour garantir le succès d’élections futures, tout parti politique doit être muni d’une garantie constitutionnelle comparable à d’autres pays qui ont adopté le multiculturalisme tels que l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, l’Angleterre, et l’Inde. Un engagement concret de tous les partis politiques dans cette démarche constituerait un facteur capital afin d’accéder à une véritable stabilité.
J’aimerais partager avec vous dans le respect d’une saine démocratie, les solutions que nous pouvons apporter à la résolution de cette crise afin que la paix et la stabilité sociale s’incrustent à tout jamais dans notre pays.
Lancy Bakayoko
PS : INSTRUCTION pour apporter vos solutions ou vos commentaires : Cliquez sur Commentaire à la fin de chaque document, ensuite écrivez vos commentaires dans Enregistrer un commentaire. Dans Vérification des mots Entrez les caractères qui apparaissent dans l’image. Allez dans Choisir une Identité puis choisissez Nom/URL, écrivez votre nom dans Nom, laissez vide URL et ensuite appuyez sur PUBLIER COMMENTAIRE
(Voici les liens des articles publiés dans le journal Fraternité Matin)
http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&el=Yer5W0&bv=X17XG1AT65
http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&el=KUMXLX&bv=X17XG1AT65
Depuis maintenant plus de dix ans, le peuple ivoirien est victime d’interminables violences, subissant de profondes souffrances associées à une crise sociopolitique qui ne cesse de s’envenimer. En tant qu’Ivoirien, je me sens directement interpellé par cette situation inquiétante. Malgré tous les efforts pour mettre fin à cette crise au cours des dernières années, l’apport de solutions envisageant un consensus semble pourtant dormir dans le néant. Nous n’arrivons tout simplement pas à remédier politiquement à ce conflit.
Pourtant, tous les éléments fondamentaux et essentiels à la réalisation d’un véritable changement vers la démocratie y sont réunis : un gouvernement de transition regroupant tous les partis politiques, une Assemblée nationale représentative sur le plan ethnique ainsi que des départements administrés par des élus.
Je considère qu’une opportunité unique pour ce jeune pays se présente pour qu’il puisse enfin accéder à une démocratie et établir une véritable justice apportant un ensemble de lois communes qui reflétera les valeurs respectives de chaque groupe ethnique de la Côte d’Ivoire.
Afin de contribuer activement à l’avancement de la démocratie en Côte d’Ivoire et également en Afrique, permettez-moi de vous présenter trois documents qui ont paru dans le journal « Fraternité Matin » de même qu’expédiés à tous les chefs des différents partis politiques ivoiriens. Le premier s’intitule « Multiculturalisme et stabilité politique » le deuxième un manifeste « Pour une Côte d’Ivoire unie » et le troisième « Boycottage des valeurs ethniques par le colonialisme »
Ces trois documents relatent les problèmes politiques actuels vécus sur une grande majorité du continent africain dont la cause première est attribuée essentiellement aux multiples différences ethniques. Ils présentent également les changements cruciaux que la Côte d'Ivoire ou d'autres pays africains doivent inévitablement apporter à leur constitution afin de se donner une véritable identité, et ce bien sûr, avant la tenue de prochaines élections.
Les pistes de solutions énoncées dans ces documents ouvriront un véritable dialogue qui permettra ainsi à la Côte d’Ivoire de s’engager dans la voie de la démocratie. L'égalité ainsi que la compréhension interethnique contribueront grandement à enrayer la discrimination et la violence excessivement présentes en période électorale. De plus, la reconnaissance de la diversité ethnique et du rôle de l’opposition assureraient une véritable garantie de la paix sociale.
Entreprendre ce réaménagement sociopolitique permettrait, lors d’élections, d’évincer toute forme de violence ou de désordre social souvent engendré par la frustration advenant la victoire d’un parti adverse.
Ces modifications constitutionnelles serviront de bouclier à l’ensemble des citoyens ainsi qu’aux présidents Laurent Gbagbo, Henry Konan Bédié, Allassane Ouattara, Albert mabri toikeusse sans oublier tout autre chef de parti, les protégeant ainsi contre toute forme de menaces, de violences ou de rumeurs.
Selon plusieurs spécialistes, le déclenchement rapide d’élections ivoiriennes sans concrétiser ces changements, serait catastrophique. Nous deviendrons malheureusement tous témoins et complices de tristes lendemains d’élections.
Pour garantir le succès d’élections futures, tout parti politique doit être muni d’une garantie constitutionnelle comparable à d’autres pays qui ont adopté le multiculturalisme tels que l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, l’Angleterre, et l’Inde. Un engagement concret de tous les partis politiques dans cette démarche constituerait un facteur capital afin d’accéder à une véritable stabilité.
J’aimerais partager avec vous dans le respect d’une saine démocratie, les solutions que nous pouvons apporter à la résolution de cette crise afin que la paix et la stabilité sociale s’incrustent à tout jamais dans notre pays.
Lancy Bakayoko
PS : INSTRUCTION pour apporter vos solutions ou vos commentaires : Cliquez sur Commentaire à la fin de chaque document, ensuite écrivez vos commentaires dans Enregistrer un commentaire. Dans Vérification des mots Entrez les caractères qui apparaissent dans l’image. Allez dans Choisir une Identité puis choisissez Nom/URL, écrivez votre nom dans Nom, laissez vide URL et ensuite appuyez sur PUBLIER COMMENTAIRE
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lundi 1 décembre 2008
Multiculturalisme et stabilité politique
(Article publié dans le journal Fraternité Matin du 05 avril 2008)
Dans son fondement, le multiculturalisme résulte de la coexistence pacifique de plusieurs cultures dans un même pays. Il implique la cohabitation harmonieuse de différentes ethnies et l'égalité de tous devant la loi et les institutions. Il permet à tous les individus de conserver leur propre identité culturelle et d'être fiers de leur origine tout en éprouvant néanmoins un sentiment d'appartenance nationale.
L'acceptation de ce concept engendre un sentiment de sécurité et de confiance en soi qui amène chaque ethnie à s'ouvrir plus facilement aux autres cultures. Cette ouverture permet une meilleure compréhension mutuelle et une plus grande harmonie interethnique qui en retour, favorisent une diminution des tensions et une réduction de la violence.
L’élimination des haines interethniques et la disparition de toutes les formes de discrimination envers les minorités constituent non seulement un facteur important de stabilisation politique et de paix sociale mais permettent également la mise en place des conditions favorables à un développement économique à long terme.
Cependant, cette réalité oblige à reconnaître que dans la constitution des pays africains, la pluralité linguistique et culturelle du pays n’a, dans bien des cas, pas été reconnue. On ne s’est pas vraiment interrogé pour savoir si elle représentait réellement les us et coutumes de toutes les ethnies composant la population des pays africains et si elle garantissait qu’aucun groupe ethnique ne pourrait un jour exercer une domination culturelle ou matérielle sur les autres groupes !
À l’époque de l’indépendance, les divisions administratives établies en départements, villes et villages correspondaient généralement à des groupes homogènes sur le plan ethnique ou religieux et on a préféré préserver des institutions locales basées sur ces critères ethniques. La majorité de la population ne savait d’ailleurs ni lire ni écrire et ne possédait pas cette connaissance de la langue française qui lui aurait permis de comprendre la constitution qui lui était proposée.
Certains craignaient également, compte tenu des différences culturelles et ethniques, qu’une cohabitation forcée des différents groupes au sein des villes, de l’administration gouvernementale et dans les institutions publiques ne suscite des tensions et engendre des conflits incessants par manque de lois, des politiques et des programmes.
L’expérience montre en effet que, lorsque des différents surgissent, chacun a tendance à se rapprocher de son ethnie, afin de garantir sa sécurité. Par conséquence rares sont les élections qui ne dégénèrent pas en tensions ethniques, entraînant ainsi des violences effroyables et engendrant même parfois des génocides.
Toutefois, avec le temps, et en observant la situation dans d’autres pays ayant opté pour le multiculturalisme, tels que l’Inde, les États Unis, le Canada ou l’Afrique du sud, on constate que les différences culturelles y apparaissent non pas comme une source de division mais plutôt comme un facteur d’enrichissement. Les citoyens et les citoyennes sont appelés à partager des valeurs communes, à relever des défis qui dépassent leur simple intérêt local et à bâtir un avenir permettant à l’ensemble des membres de la société de s’épanouir.
À la lumière de ces observations, nous pensons que les gouvernements des pays africains auront intérêt à adopter une politique de multiculturalisme qui viserait à favoriser la reconnaissance et l'estime réciproque des divers groupes culturels qui cohabitent au sein des sociétés africaines et à soutenir la promotion et le développement de toutes ces cultures. Les pays cités en exemple plus haut ont tous adopté des lois, des politiques sur le multiculturalisme dans leur constitution.
Cette démarche impliquera évidemment la mise en place d’une représentativité équitable de tous les groupes ethniques au sein du gouvernement et de l’administration publique et afin d’officialiser et d’institutionnaliser cet engagement envers le multiculturalisme, le gouvernement devra, au niveau national, implanter :
Une Charte des droits et libertés
Une Loi sur le multiculturalisme
Une Loi sur les droits de la personne
Une Loi sur l'équité en matière d'emploi
Une Loi sur l'équité salariale
Cependant, garantir l’égalité des chances dans une société diversifiée requiert plus que des mesures constitutionnelles et législatives. Le gouvernement devra en effet mettre sur pied des politiques et des programmes qui mobiliseront les communautés afin de stimuler le dialogue et aider les citoyens et les citoyennes à surmonter les obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la société.
Au cœur de cette société multiculturelle, la représentativité des différents groupes ethniques au sein des divers partis politiques deviendra un élément stratégique et devra être un article important de la constitution de chacun des partis. Plusieurs groupes ethniques devront se rassembler au sein d’un parti politique et adopter un programme électoral commun. Les électeurs devront cesser de se limiter à voter pour le parti politique dont le chef représente leur ethnie car ce comportement électoral perpétuera les clivages ethniques et la déstabilisation du pays.
L'avenir des pays en Afrique repose essentiellement sur la capacité des politiciens à rassembler des gens de diverses cultures désireux d’édifier une société de paix où l'identité et le patrimoine culturel de chacun seront respectés et valorisés.
Le respect des droits individuels constitue la première condition à remplir pour toute société aspirant à un système politique dans lequel le processus politique et les recours juridiques permettront de résoudre les questions litigieuses à l’aide de moyens légaux et constitutionnels.
Tous devront donc être égaux devant la loi. Ils auront droit aux mêmes chances, peu importe leur ethnie et leur origine. Les lois, les politiques et les institutions reconnaîtront la diversité ethnique et culturelle. Les lois, les politiques et les programmes gouvernementaux assureront à tous les hommes et à toutes les femmes une pleine liberté de conscience et de pensée. La Constitution et la Charte des droits et libertés garantiront ces droits et cette liberté.
Dans cette même ligne de pensée, je souhaite que les pays d’Afrique noir accèdent également à la plénitude de leur souveraineté « totale » ainsi qu’à la « maturité politique », qu'ils deviennent ce qu’ils n’ont JAMAIS cessé d'être dans le cœur et dans l'esprit de la population, une Nation, un Carrefour de rencontre de sa diversité ethnique où des hommes et des femmes de TOUTE ORIGINE s’unissent pour partager un même pays et ce dans la paix, la justice et le respect de leurs DIFFÉRENCES.
Lancy Bakayoko
Dans son fondement, le multiculturalisme résulte de la coexistence pacifique de plusieurs cultures dans un même pays. Il implique la cohabitation harmonieuse de différentes ethnies et l'égalité de tous devant la loi et les institutions. Il permet à tous les individus de conserver leur propre identité culturelle et d'être fiers de leur origine tout en éprouvant néanmoins un sentiment d'appartenance nationale.
L'acceptation de ce concept engendre un sentiment de sécurité et de confiance en soi qui amène chaque ethnie à s'ouvrir plus facilement aux autres cultures. Cette ouverture permet une meilleure compréhension mutuelle et une plus grande harmonie interethnique qui en retour, favorisent une diminution des tensions et une réduction de la violence.
L’élimination des haines interethniques et la disparition de toutes les formes de discrimination envers les minorités constituent non seulement un facteur important de stabilisation politique et de paix sociale mais permettent également la mise en place des conditions favorables à un développement économique à long terme.
Cependant, cette réalité oblige à reconnaître que dans la constitution des pays africains, la pluralité linguistique et culturelle du pays n’a, dans bien des cas, pas été reconnue. On ne s’est pas vraiment interrogé pour savoir si elle représentait réellement les us et coutumes de toutes les ethnies composant la population des pays africains et si elle garantissait qu’aucun groupe ethnique ne pourrait un jour exercer une domination culturelle ou matérielle sur les autres groupes !
À l’époque de l’indépendance, les divisions administratives établies en départements, villes et villages correspondaient généralement à des groupes homogènes sur le plan ethnique ou religieux et on a préféré préserver des institutions locales basées sur ces critères ethniques. La majorité de la population ne savait d’ailleurs ni lire ni écrire et ne possédait pas cette connaissance de la langue française qui lui aurait permis de comprendre la constitution qui lui était proposée.
Certains craignaient également, compte tenu des différences culturelles et ethniques, qu’une cohabitation forcée des différents groupes au sein des villes, de l’administration gouvernementale et dans les institutions publiques ne suscite des tensions et engendre des conflits incessants par manque de lois, des politiques et des programmes.
L’expérience montre en effet que, lorsque des différents surgissent, chacun a tendance à se rapprocher de son ethnie, afin de garantir sa sécurité. Par conséquence rares sont les élections qui ne dégénèrent pas en tensions ethniques, entraînant ainsi des violences effroyables et engendrant même parfois des génocides.
Toutefois, avec le temps, et en observant la situation dans d’autres pays ayant opté pour le multiculturalisme, tels que l’Inde, les États Unis, le Canada ou l’Afrique du sud, on constate que les différences culturelles y apparaissent non pas comme une source de division mais plutôt comme un facteur d’enrichissement. Les citoyens et les citoyennes sont appelés à partager des valeurs communes, à relever des défis qui dépassent leur simple intérêt local et à bâtir un avenir permettant à l’ensemble des membres de la société de s’épanouir.
À la lumière de ces observations, nous pensons que les gouvernements des pays africains auront intérêt à adopter une politique de multiculturalisme qui viserait à favoriser la reconnaissance et l'estime réciproque des divers groupes culturels qui cohabitent au sein des sociétés africaines et à soutenir la promotion et le développement de toutes ces cultures. Les pays cités en exemple plus haut ont tous adopté des lois, des politiques sur le multiculturalisme dans leur constitution.
Cette démarche impliquera évidemment la mise en place d’une représentativité équitable de tous les groupes ethniques au sein du gouvernement et de l’administration publique et afin d’officialiser et d’institutionnaliser cet engagement envers le multiculturalisme, le gouvernement devra, au niveau national, implanter :
Une Charte des droits et libertés
Une Loi sur le multiculturalisme
Une Loi sur les droits de la personne
Une Loi sur l'équité en matière d'emploi
Une Loi sur l'équité salariale
Cependant, garantir l’égalité des chances dans une société diversifiée requiert plus que des mesures constitutionnelles et législatives. Le gouvernement devra en effet mettre sur pied des politiques et des programmes qui mobiliseront les communautés afin de stimuler le dialogue et aider les citoyens et les citoyennes à surmonter les obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la société.
Au cœur de cette société multiculturelle, la représentativité des différents groupes ethniques au sein des divers partis politiques deviendra un élément stratégique et devra être un article important de la constitution de chacun des partis. Plusieurs groupes ethniques devront se rassembler au sein d’un parti politique et adopter un programme électoral commun. Les électeurs devront cesser de se limiter à voter pour le parti politique dont le chef représente leur ethnie car ce comportement électoral perpétuera les clivages ethniques et la déstabilisation du pays.
L'avenir des pays en Afrique repose essentiellement sur la capacité des politiciens à rassembler des gens de diverses cultures désireux d’édifier une société de paix où l'identité et le patrimoine culturel de chacun seront respectés et valorisés.
Le respect des droits individuels constitue la première condition à remplir pour toute société aspirant à un système politique dans lequel le processus politique et les recours juridiques permettront de résoudre les questions litigieuses à l’aide de moyens légaux et constitutionnels.
Tous devront donc être égaux devant la loi. Ils auront droit aux mêmes chances, peu importe leur ethnie et leur origine. Les lois, les politiques et les institutions reconnaîtront la diversité ethnique et culturelle. Les lois, les politiques et les programmes gouvernementaux assureront à tous les hommes et à toutes les femmes une pleine liberté de conscience et de pensée. La Constitution et la Charte des droits et libertés garantiront ces droits et cette liberté.
Dans cette même ligne de pensée, je souhaite que les pays d’Afrique noir accèdent également à la plénitude de leur souveraineté « totale » ainsi qu’à la « maturité politique », qu'ils deviennent ce qu’ils n’ont JAMAIS cessé d'être dans le cœur et dans l'esprit de la population, une Nation, un Carrefour de rencontre de sa diversité ethnique où des hommes et des femmes de TOUTE ORIGINE s’unissent pour partager un même pays et ce dans la paix, la justice et le respect de leurs DIFFÉRENCES.
Lancy Bakayoko
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