Mesdames, Messieurs

Cette plateforme vise essentiellement à échanger des solutions entourant la crise sociopolitique ivoirienne. L’apport de vos commentaires sans critique vindicative viendra en aide à notre pays afin d’envisager toute solution potentielle à la résolution définitive de cette crise. Affichons donc un esprit objectif ainsi qu’une attitude empreinte d’ouverture afin de mener définitivement ce pays vers le chemin d’une véritable démocratie. Les idées de chacun et chacune d’entre nous restent un atout majeur afin que tous ensemble nous puissions trouver des solutions tangibles.

Depuis maintenant plus de dix ans, le peuple ivoirien est victime d’interminables violences, subissant de profondes souffrances associées à une crise sociopolitique qui ne cesse de s’envenimer. En tant qu’Ivoirien, je me sens directement interpellé par cette situation inquiétante. Malgré tous les efforts pour mettre fin à cette crise au cours des dernières années, l’apport de solutions envisageant un consensus semble pourtant dormir dans le néant. Nous n’arrivons tout simplement pas à remédier politiquement à ce conflit.

Pourtant, tous les éléments fondamentaux et essentiels à la réalisation d’un véritable changement vers la démocratie y sont réunis : un gouvernement de transition regroupant tous les partis politiques, une Assemblée nationale représentative sur le plan ethnique ainsi que des départements administrés par des élus.

Je considère qu’une opportunité unique pour ce jeune pays se présente pour qu’il puisse enfin accéder à une démocratie et établir une véritable justice apportant un ensemble de lois communes qui reflétera les valeurs respectives de chaque groupe ethnique de la Côte d’Ivoire.

Afin de contribuer activement à l’avancement de la démocratie en Côte d’Ivoire et également en Afrique, permettez-moi de vous présenter trois documents qui ont paru dans le journal « Fraternité Matin » de même qu’expédiés à tous les chefs des différents partis politiques ivoiriens. Le premier s’intitule « Multiculturalisme et stabilité politique » le deuxième un manifeste « Pour une Côte d’Ivoire unie » et le troisième « Boycottage des valeurs ethniques par le colonialisme »

Ces trois documents relatent les problèmes politiques actuels vécus sur une grande majorité du continent africain dont la cause première est attribuée essentiellement aux multiples différences ethniques. Ils présentent également les changements cruciaux que la Côte d'Ivoire ou d'autres pays africains doivent inévitablement apporter à leur constitution afin de se donner une véritable identité, et ce bien sûr, avant la tenue de prochaines élections.

Les pistes de solutions énoncées dans ces documents ouvriront un véritable dialogue qui permettra ainsi à la Côte d’Ivoire de s’engager dans la voie de la démocratie. L'égalité ainsi que la compréhension interethnique contribueront grandement à enrayer la discrimination et la violence excessivement présentes en période électorale. De plus, la reconnaissance de la diversité ethnique et du rôle de l’opposition assureraient une véritable garantie de la paix sociale.

Entreprendre ce réaménagement sociopolitique permettrait, lors d’élections, d’évincer toute forme de violence ou de désordre social souvent engendré par la frustration advenant la victoire d’un parti adverse.

Ces modifications constitutionnelles serviront de bouclier à l’ensemble des citoyens ainsi qu’aux présidents Laurent Gbagbo, Henry Konan Bédié, Allassane Ouattara, Albert mabri toikeusse sans oublier tout autre chef de parti, les protégeant ainsi contre toute forme de menaces, de violences ou de rumeurs.

Selon plusieurs spécialistes, le déclenchement rapide d’élections ivoiriennes sans concrétiser ces changements, serait catastrophique. Nous deviendrons malheureusement tous témoins et complices de tristes lendemains d’élections.

Pour garantir le succès d’élections futures, tout parti politique doit être muni d’une garantie constitutionnelle comparable à d’autres pays qui ont adopté le multiculturalisme tels que l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, l’Angleterre, et l’Inde. Un engagement concret de tous les partis politiques dans cette démarche constituerait un facteur capital afin d’accéder à une véritable stabilité.

J’aimerais partager avec vous dans le respect d’une saine démocratie, les solutions que nous pouvons apporter à la résolution de cette crise afin que la paix et la stabilité sociale s’incrustent à tout jamais dans notre pays.

Lancy Bakayoko

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(Voici les liens des articles publiés dans le journal Fraternité Matin)

http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&el=Yer5W0&bv=X17XG1AT65

http://www.fratmat.info/1,,,1_fgfd10,,1.php?,__=eb,,0-0&el=KUMXLX&bv=X17XG1AT65

lundi 1 décembre 2008

Manifeste pour une Côte d'Ivoire unie

(Article publié dans le journal Fraternité Matin du 05 septembre 2008)

Alors que le monde ne cesse de progresser, la Côte d’Ivoire semble s’être figée dans le temps.

Et pour cause, nul ne peut avancer sans connaître qui il est, d’où il vient et où il va. Ces crises identitaires et politiques que vivent les Ivoiriens se veulent l’un des effets de la colonisation que l’on a toujours minimisé, ignoré. Aujourd’hui, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’en trouve menacé. Pour parvenir à rattraper ce décalage temporel, le peuple ivoirien doit maintenant se mobiliser et regarder ce problème bien en face.

Mais paradoxalement, une telle mobilisation, essentielle à la résolution de ces crises, se révèle comme un obstacle en soi. Riche d’une grande diversité culturelle, la Côte d’Ivoire se trouve néanmoins divisée par les différentes ethnies qui la composent. Cette division a été encore aggravée par le fait que lors de son accession à l’indépendance, la constitution coloniale de 1958 a servi de modèle à la Côte d’Ivoire dans l’élaboration de sa propre constitution.

Certains diront que cette constitution a subi une multitude de CHANGEMENTS afin de mieux l’adapter aux multiples ethnies de la Côte d’Ivoire, mais il est évident que cette constitution coloniale, tributaire d’une culture et d’un tissu social relativement homogènes à l’époque, ne pouvait servir de modèle pour un pays multiethnique !

Et de fait, encore aujourd’hui, malgré les efforts d’insertion sociale et politique, et malgré les faux discours d’unité, chaque groupe ethnique continue d’aborder les problèmes en fonction de leurs propres besoins et selon les us et coutumes qui le caractérisent. Dans les villes ou villages homogènes lorsque surgit un désaccord ou un conflit, ce sont naturellement les lois coutumières qui l’emportent sur les lois constitutionnelles.

La majorité de la population ne sachant ni lire ni écrire et ignorant la langue française, comment pourrait-elle en effet comprendre ou appliquer la constitution actuelle et les lois qui en découlent par rapport à ses lois coutumières ? Et ceux et celles qui utilisent couramment la langue officielle, s’ identifient-ils réellement à cette constitution ? Devons-nous rechercher un consensus entre les lois coutumières et les lois constitutionnelles existantes ? Y a-t-il matière à conflit entre ces deux lois ou faut-il au contraire voir à les intégrer en un seul et même système ?

Si l’on jette un regard sur la plupart des pays souverains à vocation démocratique, ils ont avant tout créé eux-mêmes leur propre constitution, miroir de leur identité, pour ensuite la valider par une consultation populaire, processus ayant comme résultat un acte politique à valeur juridique, qui unit et régit de manière organisée et hiérarchisée l’ensemble des rapports entre le peuple et le gouvernement.

En adoptant une telle constitution, ils ont défini les droits et les devoirs de l’Opposition en officialisant son rôle en tant qu’entité du système de gouvernance. Le rôle de l’Opposition est de percevoir objectivement les incohérences du pouvoir afin de garantir les droits et libertés de tous et chacun.

Que devons-nous entreprendre aujourd’hui afin d’éviter un enlisement politique et social ? Déclencher rapidement des élections en revivant ce perpétuel désordre ou assurer dès maintenant notre identité NATIONALE par l’amorce de ces CHANGEMENTS? Qui tiendra compte des diversités culturelles et du rôle de l’Opposition officielle ?

La nécessité de changements ?

Depuis la déclaration de son indépendance, peu de gens auraient pu prévoir l’évolution politique et sociale de la Côte d’Ivoire, une évolution parfois fulgurante parfois régressive. Une infime partie de la population ne pourra établir un pronostic réaliste en regard de l’avenir qui nous est réservé : des élections pacifiques, des contestations ou encore l’émergence d’une guerre civile ? Quoi qu’il en soit, tous ces scénarios nous interpellent et nous obligent à agir afin de mettre en place ces CHANGEMENTS qui protégeront les Ivoiriens, y compris les politiciens, contre l’arbitraire et la violence qui malheureusement sont encore d’actualité.

Les dernières élections, qu’elles aient été présidentielles, législatives ou municipales, se sont toutes soldées par une multitude de désaccords et de mécontentements en regard des résultats, plongeant ainsi le pays dans un chaos absolu. Chaque groupe ethnique aspire à porter au pouvoir le chef représentant son clan. Ce comportement a engendré un important malaise au sein de la population; malaise qui s’introduit progressivement au sein des partis politiques devenus partisans du NOUS ETHNIQUE.

On constate en effet que lorsque surgissent des tensions ou des incertitudes politiques, chacun tend à rejoindre ses semblables afin de se protéger contre d’éventuelles attaques provenant d’un groupe adverse. Ce comportement, qui se perpétue inlassablement en Côte d’Ivoire, témoigne de la profonde méfiance qui existe entre les différents groupes ethniques ainsi qu’un manque flagrant de confiance dans le système de gouvernance.

Ce climat conflictuel persiste de gouvernement en gouvernement. Croyant son mandat éternel, le gouvernement, une fois en place, ne se préoccupe aucunement d’instaurer des lois et des politiques démocratiques qui protégeraient non seulement les citoyens, mais également son propre groupe politique advenant une défaite.

De toute évidence, il serait invraisemblable de déclencher des élections maintenant sans d’abord apporter des modifications à la Constitution de notre pays qui viendraient protéger les droits rattachés à toute la diversité culturelle et le rôle de l’Opposition. Plus nous nous acharnons à vouloir aller de l’avant sans effectuer de réels CHANGEMENTS, plus nous reculons malheureusement. Il faut en premier lieu établir des balises et choisir des paramètres basés sur une identité COMMUNE, le tout dans un climat de confiance, de sécurité et d’indulgence, faisant en sorte que la Côte d’Ivoire puisse accéder à une véritable SOUVERAINETÉ et ainsi s’engager finalement vers la démocratie.

Le refus aux changements

Curieux paradoxe, à l’heure où le peuple ivoirien doit irrémédiablement s’engager dans un mouvement radical de CHANGEMENTS, la moindre action investie en ce sens est inévitablement rejetée. Tout geste exhortant à l’introspection et à la responsabilisation, toute démarche venant perturber les habitudes de vie de chacun sont instinctivement repoussés par un sentiment de peur.

Cette crainte non définie ne fera qu’enliser plus profondément la Côte d’Ivoire dans le statu quo. Et comble d’opportunisme, certaines personnes prônent justement le maintien de ce statu quo pour mieux s’opposer aux CHANGEMENTS qui s’imposent.

Le destin des Ivoiriens est aujourd’hui plus problématique que jamais et nous devons arrêter immédiatement de nous bercer d’illusions. La Côte d’Ivoire est une société privilégiée où l’avenir et la prospérité sont dangereusement menacés. Il faut cesser d’écouter ceux qui prétendent que tout va bien, et qui n’offrent que des solutions à court terme.

Malheureusement, un grand nombre d’Ivoiriens continuent de nier ou d’ignorer le danger, ce danger qui prend la forme d’une longue pente abrupte glissant vers une profonde inquiétude. Il faut rétablir rapidement un juste équilibre. Cette lucidité enfin acquise permettra de réfréner les courants utopiques.

Chaque citoyen doit s’investir dans l’intérêt NATIONAL et éviter de chercher inlassablement ses propres intérêts. Chaque individu doit apporter fièrement sa contribution, et ce, depuis le simple citoyen jusqu’au membre dirigeant. Cette synergie permettra à la Côte d’Ivoire de prendre son élan afin de franchir le gouffre la séparant de la liberté.

Cette liberté doit se traduire, en premier lieu, par le droit de s’interroger sur le système de gouvernance actuel sans craindre une riposte immédiate et vindicative. Cette liberté doit permettre une différente ligne de pensée que celle imposée depuis l’indépendance. Elle doit éliminer toute forme d’envie et de suspicion afin de faire place au respect de ceux qui osent et qui réussissent.

Quelles solutions ?

La liberté d’expression et son éthique sont les cordes vocales
de la démocratie.

L'usage et l'appropriation d'une constitution coloniale, tributaire d’une culture et d’un tissu social homogène demeurent éphémères au cœur d’un pays multiculturel; un jour ou l'autre, cette accommodation détruira nos valeurs culturelles et intellectuelles. Si nos valeurs fondamentales ne sont pas totalement mises en œuvre, l'idéal d'unité restera inaccessible. Tous les rites culturels découlent de ces valeurs et les expriment. Ce sont ces valeurs qui instaurent des relations de réciprocité entre les différents groupes ethniques.

Une des solutions souvent mises de l’avant pour assurer un avenir prospère à la Côte d’Ivoire demeure une fulgurante ascension à une souveraineté totale. Bon nombre d’Ivoiriens croient que l’émancipation de leur pays réside dans l’obtention d’une véritable indépendance. Mais, à l’inverse, plusieurs estiment encore que la Côte d’Ivoire ne peut subsister que dans un empire colonial. En dépit des divergences d’opinions, un fait demeure : d’innombrables défis attendent la Côte d’Ivoire.

L’adoption d’une Charte des droits et libertés à l’ivoirienne, l’adoption de lois sur le multiculturalisme, les droits de la personne, l'équité en matière d'emploi, l'équité salariale et sur les devoirs ainsi que le rôle de l’Opposition représentent une partie de ces défis.

Qu’il s’agisse de la simple protection des citoyens, de la liberté d’expression, du droit à l’éducation ou à la santé, tous ces thèmes doivent nécessairement être revus dans leur ensemble et adaptés à la réalité d’aujourd’hui afin d’établir des constats communs et parvenir à un consensus dans le cadre d’un véritable dialogue.

Afin de garantir l’équité de ces CHANGEMENTS constitutionnels, il faut aussi responsabiliser et officialiser le rôle de l’Opposition en lui réservant une place dans la constitution ou à l’intérieur d’une loi organique tout en précisant ses droits et devoirs. Plusieurs États démocratiques comme la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, l’Inde ont choisi de lui donner un véritable statut afin d’assurer une stabilité politique et sociale.

Le rôle de l’Opposition demeure indispensable dans toute démocratie. Elle a le devoir d’amener le gouvernement élu à rendre compte de ses politiques et de ses décisions et de proposer des moyens pour les améliorer ou d'offrir des solutions de rechange. Ainsi, la sécurité du pays devient la responsabilité de tous. Sans la reconnaissance de l’Opposition, il est plus facile de déstabiliser un pays puisque l’Opposition peut être associée aux coups d’États.

Lorsque l’Opposition sera officiellement reconnue, qu’elle aura droit à un cabinet, un salaire, une protection comparable à celle du chef de l’exécutif ainsi qu’une résidence officielle, et qu’elle pourra exercer son rôle en toute liberté, la Côte d’Ivoire bénéficiera d’un lendemain d’élection heureux et pacifique. Les Ivoiriens auront atteint finalement la maturité politique.

Toutefois, avant d’instaurer un quelconque CHANGEMENT dans sa structure politique et sociale, et afin de refléter sa volonté d’unité, la Côte d’Ivoire se doit d’entreprendre dès maintenant une vaste consultation populaire dans le but de solidifier ses bases et de modeler un plan politique, économique et social à son image. Un débat national devra être organisé afin de permettre aux citoyens d’échanger librement sur les orientations futures de la Côte d’Ivoire en vue d’alimenter les débats menés par les politiciens de tous les partis politiques ainsi que certains mouvements sociaux.

L’établissement d’un bilan de la condition actuelle de la Côte d’Ivoire permettra de proposer de nouvelles solutions en éliminant ces vieux discours passéistes. La Côte d’Ivoire doit remodeler son image en rassemblant des individus provenant de cultures et de milieux différents, ne partageant pas nécessairement les mêmes opinions afin d’établir une constitution compatible avec tous les idéaux du peuple ivoirien d’aujourd’hui.

Pour susciter cette ferveur démocratique et afin de créer un mouvement populaire constructif, il est essentiel de rejoindre le citoyen dans son quotidien en lui donnant l’envie de s’exprimer. Il faut davantage le valoriser dans son rôle d’individu, lui faire prendre conscience de la responsabilité qui lui incombe et le convaincre qu’il peut contribuer à l’avancement de son pays.


La mise en place d’un réseau de comités de citoyens contribuerait au démarrage d’un tel mouvement en ouvrant une place pour l’analyse, la discussion et l’action. Cette démarche gagnera la confiance du simple citoyen tout en lui redonnant la place qui lui revient de plein droit. Trop longtemps il a été gardé à l’écart, convaincu de son incapacité et de son inaptitude. Il est temps de mettre fin à ce dialogue de sourds et de tourner les regards vers de nouveaux modèles. L’heure est désormais au bilan et à la prise en charge collective des responsabilités.

La Côte d’Ivoire (comme d’autres États africains) doit renouveler inévitablement l’ensemble de ses lois et de ses politiques afin de poursuivre son ascension vers une démocratie reflétant ses propres valeurs. La reconnaissance constitutionnelle des lois coutumières, l’institutionnalisation de la diversité ethnique et des droits et devoirs de l’opposition seront les garants de notre identité NATIONALE.

Ce passage à l’action doit s’effectuer maintenant. Le peuple doit prendre conscience de la léthargie qui l’oppresse et transformer son inertie en une force commune. Ce réveil doit mener à une coalition de tous les milieux : politiciens, intellectuels, chefs syndicaux, gens d’affaires, artistes, etc. Cette cohésion sociale permettra à la Côte d’Ivoire de traverser les inévitables bouleversements qui la conduiront vers une véritable démocratie afin de réaliser cet objectif commun : La construction d’un avenir prospère pour ce magnifique pays qui deviendra enfin le véritable symbole du NOUS IVOIRIEN.

Lancy Bakayoko

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Monsieur Bakayoko,

Votre pays vous tien a cœur. Vous avez entièrement raison en ce qui a trait aux déclanchement des élections hâtives. Comme vous le mentionnez dans votre document la Cote d'Ivoire a besoin de changements, une nouvelle constitution serait de mise pour les intérêts de tous puisqu'elle représentera les véritables valeurs de toute la Côte d'Ivoire. Si les dernières élections se sont toutes soldées par la violence, des changements s'imposent.

Comme vous le dites si bien et (j'adore cette phrase, elle dit tout): La liberté d’expression et son éthique sont les cordes vocales de la démocratie.

D’innombrables défis attendent la Côte d’Ivoire et comme nous sommes a l'aube d'une nouvelle année, je vous souhaite d'être entendu haut et fort pour que ces changements soient réalisés.

Bravo!

Daniel Boa

Anonyme a dit…

Bravo monsieur Bakayoko,

Je vous félicite, vous avez compris les problèmes de l'Afrique et surtout ceux de la Côte d'Ivoire.

Les problématiques que vous exposez sont représentatifs non seulement de la Côte d'Ivoire mais de l'Afrique en général et de tant d'autres pays dans le monde.

Les solutions que vous avancez sont des solutions concrètes et réalisables et je souhaite que les politiciens ivoiriens vont prendre en considération vos propos et les mettrons en actions.

Ne lâchez pas!
Madeleine N'zie
madeleine-nzie@hotmail.com

Anonyme a dit…

Monsieur,

Je tenais à féliciter votre courage ainsi que votre clairvoyance à présenter les situations problématiques qui rongent actuellement le continent africain et en particulier, la Côte d’Ivoire. Un renouvellement prochain de la constitution représentera nos propres valeurs. Le rôle d’une véritable opposition assurera l’apaisement de tensions sociales entre les différents partis politiques et groupes ethniques. L’ampleur de cette démarche demeure essentiellement une volonté politique. Je souhaite sincèrement que vos écrits réveillent nos frères politiciens.

Merci d’avoir pris le temps de partager vos solutions ainsi que les éclaircissements qui s’y rattachent.

Mouky Anouma

Fred Isaya a dit…

Bravo Monsieur Bakayoko,

Votre manifeste témoigne admirablement des profondes réflexions que vous avez faites au sujet de la crise Ivoirienne, en particulier et des problématiques du continent africain en général.

Vos solutions, d'un point de vue de vue philosophique devraient s'appliquer dans les plus brefs délais en Côte D'Ivoire afin que nous puissions ériger des paramètres solides et crédibles pour soutenir la démocratie.

Cependant, je doute fort que la plupart des acteurs de la classe politique ivoirienne soient prêts à s'engager dans cette voie dès maintenant et c'est dommage...

Malgré ce bémol, je vous invite à poursuivre votre combat car je crois en vous et vos idées.

Frédéric Isaya Guy

Anonyme a dit…

Monsieur,

Bravo! je pense que vous avez vraiment compris les problemes de la crise en Cote d'Ivoire et il est grand temps d'apporter des changements.

Pour ce qui est de changer la constitution vous avez raison. Pourquoi ne pas faire sa propre constitution a l'image d'un pays multiethnique et des besoins actuels. Je pense comme vous, on devrait integrer les lois coutumieres et les lois constitutionnelles pour avoir un consensus et que regne l'harmonie. Comme vous le dite si bien, la Cote d'Ivoire a besoin de changements, avant meme de declencher des elections trop hative.

J'espere que vous serez entendu... Vive la democratie... Je vous encourage a continuer.

D. Aubin

Anonyme a dit…

Bonjour,

J’ai pris connaissance de vos perspectives quant à l’avenir de l’Afrique et de votre démarche de recherche de solutions constructives pour faire face à la situation particulière de la Côte d’Ivoire. Compte tenu du sérieux de vos intentions auxquelles je souscris et en fonction de mes propres convictions, j’ai choisi aujourd’hui de prendre parole et d’exprimer mon point de vue. J'aimerais apporter à votre attention un important rapport produit par l’OMS sur les inégalités sociales qui soulève des enjeux de santé des populations qui sont directement influencés par les politiques gouvernementales. Ces politiques touchent certainement les états africains mais également ces pays dits développés qui contribuent à accroître les écarts entre le Sud et le Nord.

Ce rapport propose des pistes et des recommandations qui sont autant de solutions complémentaires à ce que vous suggérez. Elles s’inscrivent dans l’esprit d’une justice sociale pour tous afin de réduire les écarts entre les pays et à l'intérieur d'un même pays. Pour cela, il est vrai, comme vous le proposez vous-même, qu’il soit nécessaire d’ouvrir la constitution d’un pays colonisé et d’y revoir en profondeur les assises politiques.

Bien sûr ce rapport aborde la justice sociale sous l'angle santé pris dans son sens le plus global puisqu'il est question des politiques publiques qui influencent le bien-être des communautés et des individus. L’élément de base, me semble-t-il, relève du fait que bien que le problème soit fondamentalement mondial dans une perspective de globalisation, il interpelle également des solutions locales de mobilisation et de solidarité pour réduire les inégalités interethniques, intergénérationnelles et dans les rapports de genre.

Je ne peux pas passer sous silence l’hécatombe du Sida puisqu'à part la non démocratisation et ses impacts négatifs sur le développement des communautés, la mortalité par VIH/sida est un tel fléau qu'elle risque de décimer la société africaine avant même qu'elle puisse s'affranchir des impacts de la colonisation. Somme toute il faut tabler sur l'action citoyenne à petite échelle pour développer de nouveaux rapports de force entre les ethnies, entre les générations et entre les hommes et les femmes. C'est par là que se construisent les solutions qui s'ancrent dans une nouvelle dynamique susceptible de soutenir de manière durable le développement.

Pour finir il faut un leadership à la fois soutenu et responsable, qui a le courage d'enclencher le changement sans broncher et sans digresser par les tentations inévitables de l'exercice du pouvoir. Pour cela il faut un cadre et une éthique. Qui soutient que les politiciens africains en sont incapables? Seraient-ce les mêmes qui pour leurs propres intérêts les maintiennent par leurs politiques intergouvernementales dans un rapport colon/colonisé qui ne peut que créer encore plus d'inégalités?

Mo ka

Pour accéder au rapport final de la Commission (English) et au résumé analytique (anglais, français ...)
http://www.who.int/social_determinants/final_report/en/index.html

Anonyme a dit…

Monsieur,

Ce que vous proposez est d’une noblesse d’esprit et d’une clairvoyance politique.
Pour ma part, je suis perplexe quant à la volonté des belligérants de résoudre cette crise qui pour moi se résout à une bataille personnelle et ethnique pour la prise du pouvoir.
Depuis notre indépendance, les gouvernements successifs ont été à saveur ethnique.
· Le premier président l’a bien démontré en faisant de son village natal la capitale de la Côte d’Ivoire;
· Le premier Ministre de la Côte d’Ivoire lui pour sa part est venu vendre les moteurs économique du pays aux colonisateurs comme l’eau, l’électricité, les télécommunications et j’en passe…;
· Le deuxième président originaire de la même ethnie que le defun président a fait de même et le pays éclata;
· Le troisième président a été totalement un échec dont personne ne veut s’en rappeler;
· Le quatrième si vous regardez autour est en train de faire la même chose et je dirais en pire, je m’explique, le gouverneur de la BCEAO, l’ambassadeur à Paris, l’ambassadeur à l’ONU (New York) et j’en passe… sont tous issus du même groupe ethnique;
· Les redevances et les recettes du pétrole, du gaz et j’en passe… ne sont pas comptabilisées dans les revenus de l’État.

De plus, nos présidents, gouvernements et groupes politiques n’ont rien compris de la démocratie, du respect des valeurs humaines et de leur diversité culturelle comme vous le décriez si bien.

Ces politiciens et leurs groupes vivent dans une stupeur totale, la peur est au maximum, le camouflage est de rigueur, la barricade est obligatoire, la fuite est le dernier recours.

On se pose la question: comment des individus se disant intellectuels, possédant les meilleurs diplômes ne parviennent tout simplement pas à résoudre cette crise qui perdure ? Ils sont des incapables, voués à la destruction de leur environnement (pays), conscients de leur actes ils se croient éternels à leur poste.

Vous avez compris que nous tournons tous en rond.
Permettez moi de vous féliciter de l’apport de solutions que vous nous présenter si habilement.

Marcel Kouassi résident au USA

Anonyme a dit…

Monsieur Bakayoko,

A la lecture du commentaire de M. Kouassi on saisit bien l'énorme défi de mobiliser des dirigeants qui semblent irresponsables face à la nation. L'incohérence de leurs actions et l'apathie qui les caractérisent rendent effectivement perplexes. Sans pousser la critique jusqu'à l'accusation, on se sent interpellé par le manque de vision et de jugement dont la classe politique actuelle fait preuve.

Avant même de passer à l'action, il faut semble-t-il éveiller les consciences et favoriser que tous ne demeurent pas sourds et muets. Les partis d'opposition devraient pourtant jouer un rôle majeur à ce niveau. Or, on a peine à reconnaître leur existence, leur voix semble quasi inexistante, la critique objective, quasi absente.

Comme vous le dites, avant de se lancer dans une élection il vaut mieux revoir la constitution afin de rehausser le rôle et les devoirs dévolus aux partis de l'opposition et ainsi apporter des garanties aux électeurs appelés à choisir un gouvernement imputable de ses engagements.

Ceci permettra à la population de retrouver confiance envers un système de gouvernance capable de représenter structurellement et fonctionnellement la diversité ethnique.

Veuillez accepter mes respects pour l’action que vous menez.

Arsène Kanon

Anonyme a dit…

Je suis d’accord avec le contenu du texte notamment sur les erreurs engendrées par le colonialisme et la politique postcoloniale. Ces politiques ont eu pour conséquence inéluctable une perpétration de la division des différents groupes.
Toutefois, nous le savons tous et tu l’as si bien relevé dans ton document, cette politique s'est perpétrée une fois les indépendances acquises. Le colonisateur a permis le maintien à la tête de nos États indépendants des « caisses d’enregistrement » et d’exécution de la volonté du colon.
Une fois, le nouvel ordre mondial instauré après l’effondrement du mur de Berlin et la volonté de faire de la démocratie le modèle par excellence de la bonne gouvernance et moteur du développement économique, les pays d’Afrique auraient pu ou auraient dû s’atteler à faire des conférences démocratiques à l’instar de ce qui s’est produit au Bénin, afin d’éponger toutes les injustices et incohérences avec nos us et coutumes nées de la mauvaise politique menée par le colon et crée une valeur commune c'est-à-dire la nation. En lieu et place de cela qu’avons-nous fait ? Nos dirigeants ont perpétué cette même politique parce qu’elle leur servait mieux à s’accaparer le pouvoir par le biais du « diviser pour régner ».
Je pense que nos dirigeants ont accentué la fracture sociale et seul le fait de constituer une nation pourra nous sortir de cette spirale des coups d’état répétitifs. Nous devons tenir compte dans une nouvelle constitution de la diversité culturelle de nos Etats pour en faire notre force.
Avec la nation, on ne raisonnera plus en termes d’ethnie, de région, religion, etc. mais en termes d’intérêt supérieur de la nation, de l’État, de la grandeur du pays. Dans ce cas, les postes seront attribués au mérite et non en fonction du copinage ou encore de région ou de groupes.

Anonyme a dit…

Humanisme et pouvoir politique en Afrique


Notre douleur doit nous rendre plus lucide

Nous sommes dans une phase de l’histoire africaine, qui nous impose de trouver en urgence des réponses cohérentes à des questionnements urgents pour notre survie dans le monde tel qu’il est pour ne pas disparaître. Il y a donc des choix à faire. Le premier choix est de nous complaire dans notre situation d’aujourd’hui.

Avec nos dictatures, nos élections truquées, nos conflits interethniques, notre agriculture incapable de nous nourrir en raison du choix stupide de favoriser les produits de rente. Nos écoles sont aujourd’hui des dépotoirs, nos hôpitaux sont devenu des mouroirs, nos routes sont impraticables, nos peuples sont plongé dans une misère sans nom, dans un décor de dette, de pauvreté, de famine, d’épidémie, de crasse de pandémie et de désespoir. Est-ce dans ce monde que nous voulons vivre ?

Le second choix est d’avoir le courage de poser ces questions au grand jour, parce qu’elles conditionnent l’avenir d’un continent et surtout la vie des millions de personnes. Comment sommes arrivé à cette sorte de malédiction, qui fait que tous les malheurs du monde se sont donné rendez-vous chez nous ? comment sommes nous arrivé dans un tel état d’affaiblissement alors qu’au départ, nous avions tous les atouts pour être incontournable ?

Pourquoi depuis les indépendances dans les années soixante, sommes nous si en retard, incapables de vivre dignement chez nous en organisant notre propre activité de production ? Devant de tels questionnements, qui conditionnent notre marche en avant, certains européens de très mauvaise foi dont Nicolas Sarkozy. Nous disent que << le drame de l’Afrique, c’est parce que l’homme Africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire ..>>

Tous les petits diseurs de balivernes veulent trouver à notre place des explications sur notre retard économique, social, scientifique et technique. Frappé par une sorte d’amnésie collective, Ils ne se souviennent plus des immenses réseaux de corruption, de pillage et de complicité mal saine qu’ils ont mis en place depuis le général De Gaulle jusqu’à ce jour. Ils ont même oublié que l’argent du contribuable africain a financé leurs campagnes électorales.

Ils prétendent même connaître nos problèmes mieux que nous même. Ils oublient aussi qu’ils ont accompagné les échecs de tous nos plans de développement, à travers des postes d’experts et de conseillers ministériels grassement rémunérés.

Le but inavoué de toute cette cabale, c’est de mieux se blanchir du désastre pour mieux nous tirer par le bas, afin de maintenir nos malheureux pays africains à la remorque d’une France cynique, profiteuse de nos souffrances.
Vautrée comme une poule sur les ossements de son élevage de pauvres, la France ne voit pas les progrès de l’esprit humain et l’exigence de transformation sociale et politique que réclame aujourd’hui une nouvelle génération d’Africains.

La France se trouve dans l’invisibilité de l’évidence, que décrivait si bien le grand penseur italien Paolo Pasolini. Les historiens français, peuvent témoigner au nom de la rigueur scientifique que l’homme africain est déjà dans l’histoire. Les empires aussi vastes comme ceux du Ghana de 750 à 1230, du Mali entre 1235 et 1345 et du songhaï entre 1348 et 1591 nous montrent que la notion d’Etat, existait chez nous avant le Xèm siècle à une époque ou l’Europe était en plein moyen âge.

Nous demandons avec courtoisie sans l’ombre d’aucune véhémence au petit président français de consulter le collège des historiens français spécialistes de l’histoire médiévale pour se rendre compte qu’ils ne nous démentiront pas sur ce point précis de notre communication.

Quels Changements voulons nous ?

Car c’est bien à nous de déterminer notre voie dans la marche du monde.
Tout observateur attentif de l’évolution de la société africaine ne peut manquer de noter la détermination des nouvelles générations d’hommes et de femmes qui veulent voir claire dans la construction du futur commun. Ils seront demain des acteurs déterminants de la rupture épistémologique nécessaire à notre aggiornamento.

Nous rendons hommage ici à nos ouvriers et à nos parents du monde paysan en Afrique. Ils ont donné le meilleur d’eux même pour un salaire de misère à la construction nationale. Par l’émulation dans un labeur enthousiaste au service d’une production nationale qui a été détournée par une élite politique médiocre et irresponsable.

Et pourtant rien n’a décourager nos ouvriers et nos paysans. Ni les calamités naturelles, ni la détérioration continue des termes de l’échange, ni les carences du pouvoir politique plus préoccupé de son image à l’étranger que d’œuvrer au progrès économique et social des masses africaines. Aujourd’hui l’enthousiasme s’émousse chez nous à un rythmes inquiétant, cédant la place à la rancœur, à l’amertume et au découragement.

Le peuple dans ces circonstances se sent trahi, frustré des droits pour lesquels il s’est héroïquement battu face aux canons, aux baïonnettes et aux fusils de l’occupation coloniale. Le peuple se sent répudié du champs politique, devenue une plate forme de combines mafieuses, il se sent spolié et bafoué dans sa dignité. Voilà pourquoi le peuple se réorganise un peu partout en Afrique, pour que cela change.

Il veut une politique intérieur de démocratie, de progrès économique et social ; il veut une politique extérieur d’indépendance et de dignité nationale. Il veut une politique interafricaine de coopération qui prend le pas sur la coopération franco-africaine, qui est un mariage du cheval et du cavalier, une association qui favorise et amplifie la dépendance de nos pays vis-à-vis de l’ogre français.

Nous voulons une politique qui répudie la francophonie, ses buts et ses projets d’assujettissement. Nous voulons une coopération internationale en rupture totale avec la subordination et l’aplatissement de nos pays face aux intérêts des autres en ignorant leurs propres intérêts et les souffrances de nos peuples.

Nous demandons à tous ceux qui veulent nous accompagner dans nos propres mutations de se mettre en marche à nos côtés pour comprendre l’énormité du désastre, de la nuit de honte qui est la notre et qui exigent de nous une nouvelle vision de notre être et de ce que nous voulons être dans les temps nouveaux.

Le pourvoir dans l’Afrique précoloniale

Il n’y a pas longtemps de soit disant spécialistes européens de l’Afrique, qui prétendaient mieux connaître l’âme africaine que nous même avaient dit que nous n’avons pas de culture démocratique, car nos royaumes et nos empires étaient des dictatures et que c’est ce passé sanguinaire qui a ressurgit dans la construction de l’Etat moderne en Afrique pour faire de la loi du plus fort la règle chez nous.

Nous nous inscrivons en faux contre de telles affirmations. Loin de nous l’idée de faire du passé l’âge d’or de l’Afrique, nous ne sommes nullement des passéistes rétrogrades. Les travaux de la première génération des scientifiques de l’histoire africaine nous aident à balayer du revers de la main de telles imbécillités qui n’ont pas plus de poids que leurs auteurs.

Nous rendons ici hommage Au Pr. Joseph Ki Zerbo, au Pr Cheick Anta Diop,
Au Pr Théophile Obinga, au Pr Ibader Thiam, au Pr. Haris Fotê Memel, au Pr Ibrahima Baba Kaké, Au Pr. Alpha Oumar Konaré, au Pr Christophe Wongui, etc.. pour dire ici avec orgueil que nous sommes tous fiers des travaux scientifiques qu’ils ont mené pour réhabiliter histoire africaine et empêcher les falsifications qui conduisent au négationnisme et à la méconnaissance de l’autre.

Le Kurugan fungan, qui était la charte de l’empire du Mali, est un exemple du mariage réussi entre la légalité du pouvoir et la légitime dans une fusion qui faisait de l’exercice du pouvoir politique un service pour le bien de la communauté. Les droits de l’homme, la justice, la paix et la fraternité étaient au centre de cette charte aujourd’hui consultable.

L’empire peule du Macina fut aussi dans ce sens un exemple de démocratie directe. Nous pouvons multiplier les exemples dans le royaume Adja Fon de Porto-Novo, dans le royaume Yoruba d’Ife, ou dans le sultanat de Sokoto, pour montrer qu’il y avait de la raison et du bon sens dans l’exercice du pouvoir dans l’Afrique précoloniale.

Les cultures krous, nous enseignent que, ne peuvent accéder à la fonction de chef de village que celui dont le courage personnel, la pratique de la vérité, le sens de la justice, du partage, et de la sociabilité est reconnu de tous. Chez eux la descendance, l’appartenance familiale ou la richesse ne prédestine pas à la fonction de chef, seul le mérite personnel compte car on peut être fils de roi et stupide.

Dans la confédération ashanti de Kumasi dans le Ghana actuel, le Roi Nanan Ano Prempeh, fut démis de ses fonctions pour cause d’adultère.
Aux USA, la jeune stagiaire, Mlle Monica Levinsky, à témoigné devant le procureur, Kenneth Star, avoir eu plusieurs relations sexuelles avec le président Bill Clinton à l’intérieur du Bureau Ovale de la Maison Blanche sans que cela ne choque la morale bien pensante de nos donneurs de leçons.

Bien sûr que nous ne cherchons pas à idéaliser le passé, les antagonismes entre tribus et ethnies existaient, nous n’allons pas le nier. Mais la loi du plus fort n’était pas la meilleures, il n’y a qu’à voir immensité de l’empire du Mali, de l’embouchure du fleuve Sénégal à la boucle du Niger, la variété des composantes de sa population et sa durée dans le temps pour se rendre compte que la prédation, le meurtre et le gangstérisme d’Etat n’étaient pas des motifs et des objectifs de gouvernances de cette époque.

La rencontre entre la légalité et la légitimité du pouvoir

Sans rentrer dans des considérations philosophiques et juridiques, nous observons les démocraties européennes, en Suisse, au Luxembourg, en Hollande, en Autriche dans les pays scandinaves comme la Norvège, au Danemark, en Suède, en Finlande etc. ce qu’ils ont réussi de beau et de louable, est qu’ils ont réussi le savant mariage entre la légalité et la légitimité de l’exercice du pouvoir politique.

Il ne viendra pas à l’esprit des dirigeants politiques des pays précités d’envoyer l’armée dans les rues pour tirer sur des travailleurs en grève ou des paysans qui réclament une juste rémunération de leur travail ou des étudiants réclamant des meilleures conditions d’études.

L’histoire du monde nous enseigne que l’Etat illégitime n’assume pas ses fonctions régaliennes c’est le retour vers la fusion du légaliste et du légitimiste qui correspond le mieux à la situation de sortie de crise de nos pays africains. Ces deux notions sont souvent présenté ensemble et souvent confondues. Il vaut mieux les séparer pour mieux comprendre leur complémentarité.

Beaucoup de gens pensent aujourd’hui encore qu’un gouvernement légal est légitime. Mobutu était légalement le président de la République du Zaïre, mais, était-il un chef d’Etat légitime ? pour répondre à cette question nous disons simplement que la légalité d’un pouvoir est sa conformité avec la loi fondamental du pays.

Il n’y a aucune ambiguïté sur cette définissions n’importe quel étudiant en première année de droit vous dira la même chose. Puisqu’il est facile de vérifier la constitutionnalité d’une gouvernance à travers la cour suprême ou le conseil constitutionnelle d’un pays. El Hadj Omar Albert Bernard Bongo Odimba, est constitutionnellement le président de la République du Gabon depuis 1967.

Son gendre, le très dépigmenté, général d’opérette, Denis Sassou Nguesso est aussi le président de la République du Congo. L’aphone, Paul Biya est aussi le président de la République du Cameroun. Idriss Deby Ithno, est dans le même registre le président de la République Tchadienne.

Mais tous ces chefs d’Etats sont-ils légitimes ? En effet la légitimité du pouvoir politique dans l’Etat moderne est plus subjective et donc plus délicate à définir et à vérifier . elle nous renvoie à un sentiment d’adhésion du peuple à la politique gouvernementale.

C’est quand le peuple se reconnaît dans les actes que pose le pouvoir. C’est quand son système de valeur et sa sensibilité se retrouvent dans la gestion de l’Etat, parce que le pouvoir prend les décisions justes qui sont conforment aux aspirations légitimes du peuple dont il a la charge qu’il est légitime.

Exemples : le Général De Gaule, le chef de la résistance française rentre à Paris le 25 août 1944 et remonte les champs Elysée sous les acclamations d’une France, hagard, émue et hébétée. Le gouvernement provisoire qu’il installe pour gérer les affaires de son pays n’est pas légal car il n’a été élut par personne, mais est légitime.

Sa légitimité se trouve dans la résistance qui a permise à la nation française de survivre prouvant ainsi aux collabos qu’ils avaient choisi le chemin de la traîtrise, du déshonneur et de l’aplatissement devant l’occupant allemand. C’était le sens de la chasse à l’homme à laquelle les français se livraient aux premières heures de la libération.

C’est dommage que les français qui sont si bons donneurs de leçons et leurs militants des droits de l’homme ne se souviennent même plus de ce proche passé de leur propre pays. Donc un gouvernement peut-être illégal et légitime. Notre frère le capitaine Thomas Sankara était un chef d’Etat légitime, tandis que son assassin, le Capitaine Blaise Compaoré, est un chef d’Etat légal et non légitime.

En sommes un gouvernement légitime est un pouvoir, qui s’est libéré de la peur d’être renversé, parce qu’il a appris à s’appuyer sur le consentement actif ou passif du peuple et surtout à réduire en grande proportion l’emploi de la force. Le consentement qui se trouve dans la légitimité est ce qui nous a manqué le plus dans l’exercice du pouvoir politique dans l’Afrique indépendante.

Houphouët-Boigny construisant une prison dans son propre village pour y enfermer l’aile nationaliste de son parti. Sékou Touré, torturant et tuant sans gêne, Mobutu Assassinant sans vergogne. Bokassa faisant tirer sur la foule.
Eyadéma et son armée mono ethnique Kabyé terrorisants tout un peuple. Juvénal Habyarimana entraînant le Rwanda dans l’horreur du génocide.

Bref nous n’avons pas su humaniser le pouvoir politique chez nous, c’est ce qui a amener nos dirigeants politiques à mépriser le suffrage universel direct pour nous conduire dans les impasses douloureuses du temps présent. Car en réalité le pouvoir a violé le principe de légitimité qui justifiait sa présence au sommet de l’Etat nation hérité de l’occupation coloniale.

La légalité constitutionnelle en Afrique

Par trois fois nous avons vu la constitution poser plus de problèmes au lieu de clarifier la situation et conduire la légalité vers la légitimité pour renforcer la paix et la stabilité du pays. À la mort du président Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire le 7 décembre 1993, son décès est annoncé par le premier ministre le Dr Allassane Dramane Ouattara, il dit que la Côte d’Ivoire est orpheline, que le gouvernement reste en place en attendant que la Cour suprême constate la vacance de la fonction présidentielle.

Le camps du président de l’assemblée nationale, qui est le successeur constitutionnel va se déchaîner et précipiter les choses au point où c’est sur un plateau de télévision qu’Henri Konan Bedié ira s’autoproclamé président de la Côte d’Ivoire. Laissant l’autre camp dans le ressentiment et les frustrations qui conduiront la Côte d’Ivoire au coup d’Etat du 24 décembre 1999, qui a plongé ce pays dans l’instabilité chronique que nous connaissons.
Au Togo à la mort du président Gnassingbé Eyadema, le 5 février 2005. Les dispositions constitutionnelles devaient permettre au Président de l’assemblée nationale Fambaré Natachaba Ouattara, de succéder au président défunt, mais après mutes tergiversations il fut destitué.

Par une assemblée nationale qu’il présidait hier encore, Réunie à la sauvette dans la nuit pour faire de, Faure Essozimna Gnassingbé, le fils du président défunt le successeur de son père, comme dans une monarchie de droit familial et cela sans honte, dans une ambiance tendue, délétère et nauséabonde.

Concernant la Guinée, le dernier coup d’Etat doit nous faire réfléchir. Car les dispositions constitutionnelles devaient permettre au président de l’assemblée nationale Aboubacar Somparé. D’assurer l’intérim de la vacance du pouvoir et organiser des élections dans un délai de deux mois.

Sa déclaration à la télévision Guinéenne le jour du décès du Général Lansana Conté, appelant la cour constitutionnelle à constater la vacance du pouvoir nous permet de nous rendre compte que c’est le constat de la haute cour constitutionnelle, qui est à l’origine du coup d’Etat.

Car si elle traîne les pieds et n’est pas pressé à un moment aussi grave de la vie de la nation, c’est qu’elle est complice de ce qui va suivre. Car c’est elle qui après le constat du décès par les médecins, devait prendre acte du décès et informer la nation du deuil qui est le sien et dans la même logique investir rapidement le successeur constitutionnel, pour éviter le vide au sommet de l’Etat.

Toutes les tergiversations que nous avons constaté en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée, obéissent à des bas calculs de politiques politiciens. À des manœuvres dilatoires des uns et des autres dans le but de garder le pouvoir, non pas au profit du peuple mais au profit d’un groupe politique, d’un clan ou d’un groupe ethnique, dans le but inavoué de jouir simplement de prébendes et des avantages que procurent l’exercice du pouvoir politique.

Les réformes constitutionnelles en cour un peu partout en Afrique doivent prendre en compte cette donne pour nous éviter l’image pitoyable des chefs d’Etat autoproclamés et des coups d’Etat sans tête ni queue qui nous tirent par le bas en nous enfonçant dans l’autocratie, la mauvaise gouvernance dans l’illégitimité et l’illégalité chroniques.

Humaniser le pouvoir politique en Afrique

Nous avons observé avec attention les rapport des citoyens et leur gouvernement dans les pays scandinaves où le ministre conduit sa propre voiture, le premier ministre peut prendre le bus, sans une nuée de gardes de corps. un ministre peut se lever lui-même aller se faire un café ou manger à la cantine avec ses collaborateurs, les femmes ministres vont faire leur marché.

Quel jour ces choses aussi simples arriveront-elles chez nous aussi pour rendre le pouvoir plus proche de nos populations abandonnées et livrées à eux même dans un monde sans boussole qui ne s’occupe plus de ceux qui n’arrivent pas à suivre la marchandisation du monde et de la vie ?

Notre analyse nous amène à répondre à cette interrogation en disant qu’entre le citoyen et le pouvoir, il existe un double rapport de peur réciproque. La peur d’être renversé pour les gouvernants et la peur de la répression d’un gouvernement qui n’arrive pas à gérer ses propres peurs parce qu’il est illégitime.

Humaniser le pouvoir. C’est faire en sorte qu’il soit obéi avec respect et amour sincère sans recours à la menace qui alimente la peur des gouvernés et les pousser à la révolte qui peut les conduire à se défaire du pouvoir.

La révolution française de 1789 et la prise de la bastille le 14 juillet, la chute du roi Farouk1er d’Egypte dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952. La chute de Maurice Yaméogo, le 3 janvier 1966, celle du Shah d’Iran au soir du 11 février 1979, celle de Moussa Traoré au Mali le 26 mars 1991, la chute spectaculaire de Mobutu le 17 mai 1997.

La liesse populaire qui avait entouré la chute d’Henri Konan Bedié, en Côte d’Ivoire au soir du 24 décembre 1999, nous montre que les peuples peuvent vaincre leur peur pour adhérer au renversement d’un gouvernement d’arbitraire, de violence, de terreur, de kleptocrate, d’aplatissement devant les intérêts étrangers et surtout de prédation économique et sociale.

Il n’y aura donc pas de changement des rapports entre le citoyen et le pouvoir sans une remise en cause profonde des mentalités de nos dirigeants politiques. Mesdames et Messieurs, Sénèque nous a enseigné << qu’il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va >> exprimé dans le langage du XXIe siècle, l’on dirait que, pour développer, une communauté, un pays, un continent, on doit avoir une vision de l’avenir, De son propre avenir.

Dans cette perspective qui conditionne l’avenir de nos peuples, les politiciens africains, qui nous ont conduit à la ruine, à la faillite économique et sociale doivent tourner le dos aux vieilles pratiques et habitudes qui consistent à dissiper le nouveau dans le vieux, d’utiliser chaque nouvel instrument pour se servir des règles anciennes et, principalement, d’une connaissance toute en négatif, et en négativité, de manière à créer des compromissions mafieuses pour affaiblir l’intérêt général au profit de leurs intérêts personnels sordides et mesquins.

Nous rappelons aux politiciens africains qui ont la mémoire courte que la dernière fois où ils ont voulu entraver un processus démocratique pour instaurer un Etat mafieux à leur service et non au service du peuple, c’était en 1979, dans le Ghana du capitaine d’aviation, John Jerry Rowings, une telle tentative c’était soldé par l’exécution pure et simple des politiciens mafieux et corrompus.

Conclusion

L’histoire humaine nous enseigne qu’on peut sortir des pires dictatures pour aller en démocratie. La Grèce, pays inventeur de la démocratie à vécue des jours sombres sous la dictature des colonels de gorges papadopoulos de 1967 à 1974. dans le même registre, le Portugal nous enseigne que le 25 avril 1974, des officiers subalternes avaient renversé un régime autocratique vieux de 48 ans celui d’Antonio Salazar et de Marcelo Caetano .

L’Espagne, est sortie le visage en sang du franquisme pour occuper la place qui est la sienne dans la construction européenne. Le Chili, nous apprend qu’on peut vaincre la dictature sanguinaire d’Augusto Pinochet, pour ouvrir durablement les portes de la démocratie. Il n’y a donc pas de malédiction et de fatalité particulière dans notre transition vers la démocratie. C’est à nous de tirer des leçons utiles des expériences précédentes pour jeter les bases d’une volonté politique, nécessaire à notre aggiornamento.

La vie dans ce sens nous donne des leçons en nous obligeant à observer ceux qui on réussi à organiser leur vie nationale dans un climat de paix de tolérance qui a engendrer chez eux une prospérité qui les rend fière d’appartenir à une nation dans laquelle ils auront des soins de qualité en cas de maladies.

Ils ont chez eux des établissements des hauts niveaux de formation pour leurs enfants, ils peuvent y trouver sur place un travail leur permettant d’avoir un salaire qui les permet de vivre dignement, dans un logement décent et une pension digne de ce nom pour leurs vieux jours.

Toutes ces choses qui nous sembles simples et normales ne sont pas arrivé du jour au lendemain par un coup de baguette magique, c’est le fruit des luttes de tous ces peuples pour renforcer au quotidien le vivre ensemble dans un minimum de consensus acceptable qui prouvent à chaque citoyens qu’il compte dans la vie nationale.

Car la démocratie ce n’est pas quand chaque citoyen existe, c’est surtout quand chaque citoyen compte et se sent représenté. Croire que c’est par la menace, la peur, l’intimidation, la prédation, la brutalité d’une armée mono ethnique qu’on avancera vers la légalité et la légitimité démocratique, c’est faire le pari du plus lamentable des fiascos.

L’Afrique ne se sauvera que si elle comprend qu’il y a que des gouvernements légitimes qui peuvent la libérer de la seconde grande peur dans laquelle elle est tombé, et que les gouvernements légitimes ne peuvent être créés en ce moment critique de notre histoire, qu’en appliquant, loyalement et sincèrement, avec bon sens et sans peur la formule de la légitimité démocratique, telle que les trois derniers siècles l’ont formulé.

La tache est immense et difficile, mais les affrontements post-électoraux au Kenya en décembre 2007 et janvier 2008 et la tragédie électoral du Zimbabwe en avril et mai 2008, nous enseignent qu’il vaut mieux tard que jamais. La tache est difficile et titanesque, mais hors d’elle, il n’y a point de salut.

Que faut-il pour que nos élites et nos politiciens africains puissent s’en acquitter ? deux conditions complémentaires l’une de l’autre : que ceux qui auront le redoutable honneur de commander dans les nouvelles démocraties africaines en appliquant la formule du mariage entre la légalité et la légitimité.

Qu’ils sachent qu’ils doivent faire tous leurs efforts pour réduire le plus possible les défauts et les inconvénients de la formule, et qu’en présence d’un tel effort, toutes les ethnies et toutes les classes sentent qu’elles ont le devoir de tolérer les défauts et les inconvénients inévitable du pouvoir, jusqu’à l’extrême limite de la patience, Avant de rompre la légalité en poursuivant des chimères impossibles comme dans le cas Guinéen pour en finir avec le système Conté en décembre 2008.

Il faut désormais que chez nous en Afrique, le pouvoir et ses administrés sachent que les principes de légitimités étant humains, limités et conventionnels, ils doivent les appliquer avec loyauté et bonne foi, pour que ce qu’ils sont, sans ruser avec eux pour s’en servir comme un instrument de domination et en tirer des résultats contraires à leur nature. C’est dans cette voie que le pouvoir politique vaincra ses peurs, pour gagner la confiance nécessaire du contribuable africain, pour solidifier l’Etat nation issue de l’occupation coloniale.

Nous avons ici voulu rappeler ces choses simples que vous savez tous pour rejoindre l’optimiste du poète et homme d’Etat sénégalais, Léopold Sédar Senghor, qui nous délivrait dans Hostie noire, son amour profond pour l’Afrique de nos pères :

« Mille peuples et mille langues ont pris langue avec ta foi rouge
Voilà que le feu qui te consume embrase le désert et la brousse
Voilà que l’Afrique se dresse, la noire et la brune sa sœur,
L’Afrique s’est fait acier blanc, l’Afrique s’est fait hostie noire
Pour que vive l’espoir de l’homme ! »

Mesdames et messieurs, c’était notre modeste contribution à une réflexion nécessaire pour la réhabilitation de l’exercice du pouvoir politique dans l’Afrique contemporaine.
Merci de votre attention.

Dr Serge-Nicolas NZI
Chercheur en communication
Directeur du centre africain d’études stratégiques
CP. 66
CH-6943 VEZIA-Lugano
SUISSE
Tel. 004179.246.53.53
E-mail : nzinicolas@yahoo.fr